Une semaine en Azerbaïdjan, pays aux mille contrastes.

Mis à jour : 23 déc. 2020

Dernier pays que nous avons traversé dans cette belle région du Caucase, l'Azerbaïdjan est sûrement l'un des moins connus. Encore difficile d'accès il y a quelques années, le pays s'ouvre aujourd'hui massivement au tourisme et sa capitale Baku est au centre de toutes les attentions. Le reste du pays reste cependant largement défavorisé mais recèle quelques belles surprises.

Le centre culturel Heydar Alijev à Bakou

A l'heure où nous rédigeons ces lignes, l'Azerbaïdjan vient de mettre un terme à un sanglant conflit qui l'oppose à l'Arménie pour le contrôle de la région indépendantiste du Haut-Karabakh. Nous nous sommes évidement posé la question de "boycotter" ou non le pays avant de décider finalement à publier ces quelques impressions que nous avons eues, tentant ainsi de rester aussi neutres et objectifs que possible, tout en apportant notre soutien aux populations du Haut-Karabakh, dûrement touchées pendant ces semaines de chaos.


Traverser la frontière terrestre de l'Azerbaïdjan reste, aujourd'hui encore, assez intimidant, surtout lorsque nous sommes auparavant passés par l'Arménie. Ces deux pays, en conflit quasi-permanent depuis des années, se vouent une haine mutuelle très tenace. C'est donc après un interrogatoire assez sec que nous sommes autorisés à pénétrer sur le sol azéri à Astara, ville-frontière avec l'Iran, et capitale de la production de caviar en mer Caspienne.


Il n'y a pas grand chose à voir dans la ville. hormis quelques monuments qui évoquent immédiatement l'Union Soviétique, dont faisait autrefois partie l'Azerbaïdjan -et sa voisine Arménienne...-, et une côte largement bétonnée. Nous n'y passerons qu'une après-midi dans l'attente du train de nuit qui nous mènera à la capitale : Baku. Le wagon couchette était assez rudimentaire, la lumière permanente et les discussions incessantes ont rendu la nuit assez courte. Un avant goût du transsibérien version cheap!

La jolie gare de Bakou

En arrivant à Baku nous avons la jolie surprise de voir une belle gare, moderne et propre. Mais ça ne s'arrêtera pas là. De parcs en bâtiments façon belle-époque couleur sable contrastant avec les tours de verre, en passant par ses petits cafés, Baku a su nous charmer. Des habitants particulièrement bienveillants, une ambiance paisible, calme, et une ville moderne, une vraie bouffée d'air frais après nos dernières semaines en Iran!


On apprécie presque instantanément cette ville jusqu’alors inconnue et ses avenues bordées de bâtiments élégants, ses larges trottoirs, ses jolies vitrines, ses ruelles piétonnes animées, etc.



Très européanisée -elle nous rappelait presque Lyon ou Paris dans certains quartiers-, elle contraste nettement avec le reste du pays bien plus “traditionnel”. Ici l'argent coule à flots, le pays riche en gaz et pétrole investit massivement dans sa capitale, au détriment des autres territoires.


Le pays est majoritairement musulman, mais cela ne se devine pas au premier abord. Ici les femmes abordent les tenues de leur choix, les voiles sont quasi absents. Après l'Iran -et en moindre mesure la Turquie-, cela change!


On a aimé se perdre dans les ruelles sinueuses de la vieille ville, bordées de belles maisons aux façades très "propres".





Mais cela fait un peu penser à un décor de cinéma, un apparat -à l'image de Batoumi à l'autre extrémité du Caucase- et dès que l’on s’éloigne des ruelles principales, les bâtiments sont décrépis, les trottoirs disparus, les ruelles plus sombres,...








Le centre historique est ceint de remparts et constitué de nombreux Caravansérails -aujourd’hui transformés en boutiques et restaurants…- La Maiden Tower est un des symboles de la ville, mais les prix multipliés par 7 en deux ans nous ont quelque peu refroidis. Jouxtant la tour, se trouve une ancienne place de marché médiéval qui sert aujourd'hui d’exposition de tapis et œuvres d’art.


A quelques ruelles de là se trouve le palace des Shirvanshahs où on peut encore entrer dans la tour pour faire de jolies photos contrastées entre les remparts et les bâtiments plus récents en arrière plan -car oui, les prix ici aussi se sont envolés…-


La vieille ville a plusieurs mosquées, malheureusement fermées ou interdites aux damoiselles -la Juma mosquée est pourtant particulièrement élégante-. On a aimé les nombreux parcs et jardins dans la ville qui lui apportent un côté très plaisant et rafraîchissant!


La place des fontaines et LE lieu où les familles viennent se balader le soir venu! Elle possède de jolies fontaines. Le musée de la littérature qui la jouxte est très joli avec ses statues blanches.


Marcher le long du Boulevard -bord de mer piéton- permet de profiter de l’ombre tout en admirant l'architecture si unique de la ville. On y rencontre de nombreuses familles ou passants venus comme nous flâner. Non loin de là, le palais du gouvernement est assez impressionnant et se fond à merveille dans le quartier des hôtels de luxe!


Au nord du centre historique le Centre culturel Heydar Aliyev est un très beau bâtiment d’art contemporain et véritable terrain de jeu des photographes en herbe.


Dans le jardin se trouvait une jolie exposition photographique d’un artiste Azeri qui a notamment travaillé avec Nat Géo.




Dans le centre ville il y a de nombreuses galeries d’art -gratuites-, notamment destinées à la peinture. Pour une expo un peu plus “officielle”, le YARAT possède une jolie collection.



Malheureusement quand nous y sommes allés, le musée principal était fermé pour préparation de vernissage et seule la partie gratuite nous était accessible.


De là, nous sommes remontés vers le centre ville en longeant le bord de mer, qui offre une jolie vue sur la rive opposée et ses buildings qui poussent comme des fleurs, ainsi que sur les Flames Towers vers lesquelles nous nous sommes dirigés.


Ces gratte-ciels sont le symbole de la ville. En y montant, nous sommes passés par l’allée des martyrs qui offre un beau panorama sur la ville en contrebas.



A quelques kilomètres de Baku, nous partons en direction de la réserve du Qobustan qui a préservé de magnifiques gravures préhistoriques -pétroglyphes-. Malheureusement une grande partie du site est fermée au public et seul un échantillon nous est accessible, mais il y a déjà de quoi faire une belle balade!


Le musée à l’entrée du site dépeint le contexte et remonte à travers les 12 000 ans d’histoire, décryptant également les gravures (animaux, scènes de vie, etc…). Certains avancent une datation de -20 000 à -40 000 ans!

Si vous êtes dans les parages, ne manquez pas les volcans de boue d’Alat, assez marrants à voir. Plus de la moitié des 700 volcans de boue du monde sont situés en Azerbaïdjan et Alat en concentre une bonne partie!


Si certains d'entre eux sont immenses, il faut avouer que la plupart se résument à une lente coulée de boue, ou présentent au mieux quelques bulles...


Pour vous faire une idée :

Après ces quatre jours passés en ville il est grand temps de quitter la capitale pour prendre un peu l'air -et reprendre notre route, cette fois en direction de l'ouest, vers la maison!-. Nous faisons donc halte au village montagnard de Lahidj.


Ce petit village niché dans les montagnes possède une jolie ruelle ancienne -le village est un peu “survendu”- et un très beau cadre. Il constitue l'un des principaux lieux touristiques du pays en dehors de Baku. Son aspect "traditionnel", ses artisans d'art -cuivre notamment- et les montagnes toutes proches attirent de nombreux visiteurs de passage.


Nous avons randonné en direction de l’ancien château de Girdiman -dont il ne reste aujourd’hui qu’un amas de pierres- malgré le temps menaçant. La ballade fut revigorante mais malheureusement nous n’avons pas pu admirer la vallée en contrebas. Cette remise en jambe, bien que courte, nous aura mis en nage! Les kilos accumulés depuis quelques mois font mal!

Les infos sur cette rando -et plein d'autres- sont dispo sur notre page dédiée!

Notre dernière étape dans le pays sera la petite ville paisible de Sheki. Elle possède quelques bâtiments notables tel que son joli Palais des Khans dont les vitraux sont faits en verre de Murano -en guise d’échange commercial à l’époque de la route de la soie-. Les peintures murales aux motifs floraux sont très fines et délicates. On peut aussi remarquer une ancienne église, plusieurs bâtiments en briques et le Caravansérail historique, aujourd’hui transformé en hôtel.


Un autre élément important de la ville est son halva -qui n’a rien du halva ottoman tel qu’on le connaît partout ailleurs!- qui est une dose de sucre et diabète à l’état pur! Du sucre, du sucre et encore du sucre, le tout dans... du sirop de sucre.

On a aimé :

  • Baku, la capitale et son ambiance très "bling-bling" qui contraste fortement avec le reste du pays.

La capitale azérie illustre parfaitement le contraste en modernité et authenticité
  • Les gravures ancestrales de la réserve du Qobustan et les volcans de boue tout proches.

  • La gastronomie locale, qui nous a rappelé la Turquie avec beaucoup d'émotions!

  • Les montagnes du Caucase, malheureusement nettement moins accessibles qu'en Géorgie ou Arménie...

  • Le beau Palais des Khans de Sheki

Bon à savoir :

  • L'Azerbaïdjan est, depuis l'explosion du bloc soviétique, en proie à un interminable conflit avec l'Arménie pour le contrôle de la région indépendantiste du Haut-Karabakh, essentiellement peuplée d'Arméniens. Si comme dans de nombreux conflits les torts sont partagés, l'Azerbaïdjan est régulièrement accusé de génocide culturel et de raser la quasi-totalité des lieux culturels ou religieux ayant autrefois appartenu aux arméniens situés sur son sol. Les azéris invoquent de leur côté le massacre de 150 innocents par les forces arméniennes et soviétiques en Janvier 1990, lors de leur appel à l'indépendance. Ils estiment ainsi que près de 200 000 azéris auraient perdu la vie lors du conflit au Haut-Karabakh et que 1,2 millions de personnes auraient été déportées de leurs habitats en 30 ans. Si ces chiffres sont apparemment largement truqués, ils rappellent combien ce conflit marque ces deux pays et rendent presque impossible toute tentative de rapprochement. La "question arménienne" -pour ne pas dire génocide...- est sûrement l'un des sujets politico-historiques les plus intéressants que nous avons pu étudier pendant notre voyage, avec des visions diamétralement opposées d'un pays à l'autre en Turquie, Arménie et Azerbaïdjan. L'accès au pays est strictement interdit à toute personne s'étant au préalable rendue dans la région du Haut-Karabakh.

  • L'accès à l'Azerbaïdjan est possible via un visa électronique valable pour une entrée unique et un délai de 30 jours. Cependant si la durée du séjour excède 15 jours, les voyageurs doivent obligatoirement s'inscrire à leur arrivée auprès du Service d’État des Migrations, et justifier de l'ensemble de leurs déplacements et réservations d'hébergement. C'est pourquoi, dans les faits, peu de voyageurs restent plus de deux semaines dans le pays.

  • Quant au gouvernement, c’est une démocratie… enfin une monarchie démocratique comme certains habitants nous l’ont fait relever. Le président, qui succède à son père -et dont la femme est vice-présidente et son fils futur président-, n’apprécie pas toujours les critiques sur son gouvernement ou l’opposition politique paraît-il.

  • Baku recèle quelques "perles" originales telles que le musée des livres miniatures -gratuit- ou les bains Taze Bey à la décoration on ne peut plus kitsch!


Notre budget pour une semaine en Azerbaïdjan: 10 € de visites

  • 5,4 € pour les mosquées d'Isfahan

  • 2,7 € pour les bains de Kashan

  • 2 € pour le château de Rudkhan



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Nous sommes de retour à la maison les prochaines aventures seront à découvrir prochainement...

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